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Qu’est ce que l’Ergonomie Web ?

L’ergonomie web a pour objectif de prendre en compte l’utilisateur final à toutes les étapes de la vie d’un site web et dans toutes ses dimensions (contenu, graphisme, référencement).
Pour l’ergonomie, le site web n’a de sens que du point du vue de l’utilisateur et de l’usage qu’il fait du site.
Et l’utilisateur n’est appréhendée que dans son rapport au site.

Cette définition très large, nécessite dans la pratique :

  • de se poser continuellement la question “Est-ce que les choix qui ont été fait pour un site donné sont réellement adaptés à l’utilisateur final“;
  • d’avoir des connaissances génériques sur le fonctionnement des êtres humains (psychologie cognitive, vision,…) et sur les internautes (ce que l’on appelle communément user’s expérience);
  • de maîtriser les outils permettant de concrétiser l’utilisateur cible  puisque la cible, telle qu’elle est définit traditionnement dans le marketing est trop abstraite pour pouvoir être utilisé de façon efficace en ergonomie. Je développerai sur ce point des billets sur les personnas et le profilage des utilisateurs.

Fonctionnement de la mémoire, vocabulaire utilisé et facilité d’utilisation

Plus une information, mémorisée dans le cerveau d’un individu, est utilisée fréquemment par celui-ci, plus il lui sera facile de la retrouver.
Ainsi, le mot chien sera plus rapidement reconnu que le mot ours, par exemple.

Dans le domaine du web, cette connaissance du fonctionnement humain a une application immédiate dans le choix du vocabulaire. Plus vous choisissez des noms de rubriques fréquemment utilisés dans la langue française, plus les utilisateurs  les reconnaîtront et les comprendront  rapidement; ce qui participera à la simplicité du site. 

Aussi, si vous hésitez entre 2 mots synonymes -par exemple créer et concevoir  (un site)-, il sera préférable d’utiliser ”créer” car  il est plus souvent utilisé dans la langue française que “concevoir”.

Par ailleurs, cette règle est valide même si les utilisateurs connaissent les 2 termes utilisés (en l’occurence ici : créer et concevoir).

Bien entendu, ce critère de fréquence d’utilisation, n’est pas le seul à prendre en compte. En effet, ce n’est pas parce qu’un mot est fréquemement utilisé qu’il est intuitif !!  (d’ailleurs, je rédigerais d’ici quelques jours un article sur l’intuitivité et l’affordance).

Pour vous aidez dans cette quête du mot juste, je vous joints un document sur les 1500 mots les plus utilisés en France

mots-les-plus-utilises-en-france.doc

10 affirmations pour valider votre connaissance en Ergonomie Web

  1. Méthodologie utilisée
    • Je structure la création d’un site en 3 étapes successives : le maquettage fonctionnel, la création graphique et le développement.
  2. Prise en compte du point de vue utilisateur
    • Je définis et hiérarchise les cibles du site;
    • J’ai une bonne connaissance des utilisateurs cibles : je sais qui ils sont, dans quels contextes ils vont utiliser le site et ce qu’ils viennent y faire (tâches).
      Il m’arrive de créer des personnas;
    • Je définis le contenu de mon site en fonction de ma connaissance des utilisateurs;
    • Je définis l’arborescence de mon site en fonction des tâches qui feront les utilisateurs.
      Il m’arrive d’organiser des séances de tri de carte, même de façon informelle.
  3. Respect des règles de navigation et de présentation de l’information
    • Je respecte les règles de navigation : guidage, feed back, contrôle utilisateur,..
    • Je respecte les règles de présentation des pages : titre de pages, hiérarchisation des contenus,..
    • Je vieille au respect des standards et de la cohérence globale du site.
       
  4. Validation des choix de conception
    • Je valide mes choix de conception par des tests utilisateurs, même informel;
    • Je connais les règles de validité d’un test utilisateur.

Quelques citations

J’adore les citations.

En voici quelques unes signifiantes du point du vue de mon métier…

  • “La simplicité est l’habit de la perfection” (Wladimir Wolf- Gozin)
  • “on arrive à la simplicité à s’approchant du sens réel des choses” (Constantin Brancusi)
  • “Une fois résolu, un problème est d’une simplicité atterante” (Paolo Cohelo);
  • “Si l’on savait exactement ce que l’on va faire… à quoi bon le faire” (Pablo Picasso);
  • “Savoir écouter, c’est posséder outre le sien, le cerveau des autres (Leonard de Vinci);
  • “La simplicité est la sophistication suprême” (Leonard de vinci)
  • “Ce n’est point dans l’objet que réside le sens des choses mais dans la démarche (Antoine de Saint Exupéry);
  • “La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retirer” (Antoine de Saint Exupéry).

Le marché de l’ergonomie informatique :quelques réflexions..

Pour ma part je distinguerais deux dimensions interdépendantes dans le marché de l’ergonomie :

  • le marché de la prestation qui concerne les consultants au sens large ;
  • le marché du salariat (les offres d’emploi pour ergonome).Le marché du salariat est porté par 3 types de structures : les maîtres d’ouvrage (Ex : monabanq, tell me more,..) , les maîtres d’œuvre (type sqli, ssII) et les cabinets de consulting en ergonomie.
    Je ne connais pas l’évolution de la demande d’ergonomes mais ce marché me semble par nature limité :

    • Chez les maître d’ouvrage : l’heure est à l’emploi flexible et à la sous-traitance des compétences expertes. Donc, les ergonomes, comme les autres compétences, ont peu de chances d’y trouver une place (j’interviens pour une grande banque où plus de 90 % des employés informatiques sont des freelance ou appartiennent à des SSII) ;
    • Les SSII n’ont pas de projet à part entière pour l’ergonomie (même si elles peuvent en faire de façon très professionnelle) avec toutes les limites que cela suppose :
      • Ils répondent à la demande mais ne la promeuvent pas (je travaille pour ma part ponctuellement avec une SSII spécialisée en langage objet qui me sollicite quand un client demande un ergonome) ;
      • Le Chiffre d’affaire apporté par l’ergonomie est minime pour réellement intéresser les décideurs (une collègue a vu son poste disparaître parce que le repreneur n’était pas intéressé par l’ergonomie).
    • Les cabinets d’ergonome sont des petites structures (=> peu de possibilité d’emploi) et je n’ai pas le sentiment qu’il y ait culturellement chez les ergonomes une volonté de se développer à outrance (il me semble que le marché de niche leur va bien).

    Concernant le marché des prestations, de ce que j’entends ici et là, il me semble plutôt en progression même si il me semble trop diffus pour être réellement mesuré. Il y a deux et demi, lorsque je m’étais installé j’avais essayé de l’évaluer en volume financier, afin de valider mon projet. J’avais abandonné parce que la tâche était trop complexe, voire impossible :

    • si il est possible d’avoir une idée du CA des cabinets en sa ou sarl,
    • c’est beaucoup plus compliqué pour les entreprises individuelles parce que les chiffres ne sont pas disponibles et qu’en plus beaucoup ne sont pas « visibles » (ce qui ne les empêche pas forcément d’avoir du travail)
    • et si je rajoute en plus les ergonomes freelance en portage ça complique encore la tâche !!!

    Indépendamment de ces problèmes de mesure, il me semble que si il y a développement de l’ergonomie ce sera davantage du coté du marché de la prestation plus que du marché de l’emploi.
    Ce qui nous renvois à nos limites d’ergonomes :

    • Culturellement (et au contraire des architectes par exemple) les jeunes ergonomes sont demandeurs d’un poste en cdi ; ils sont beaucoup plus rarement porteurs d’un projet individuel d’entreprise (même à moyen terme) ;
      Beaucoup sont aussi très effrayé par les contraintes du métier de consultant : charge de travail, déplacement, insécurité,..
    • Ceux qui franchissent le pas (moi le premier) ont pour la plupart des véritables carences du coté marketing : produit d’appel, stratégie commerciale sont des thèmes souvent absents de nos logiques (mais sont premiers pourtant dans une logique d’entreprenariat même comme consultant ; cf la littérature abondante sur le sujet).
      Très (trop) souvent on se contente du réseau pour générer de la demande.

    Concernant le débat ergonomie de la norme vs ergonomie de l’usage, si on se place du coté du marché la question qui se pose est : Quelle ergonomie apporte la plus forte valeur ajoutée ?
    Pour ma part (mais je fais peut être parti des intégristes ;o)) l’ergonomie de la norme, si elle peut être utile ponctuellement, n’est pas suffisante pour faire vivre un consultant (et donc faire de l’ergonomie une discipline pérenne).
    Alors bien sur d’aucuns diront « c’est ce qu’ils demandent les clients »… sauf que le boulot d’un expert ce n’est pas forcément faire plaisir au client mais c’est de lui dire ce qu’il est du point de vue de son expertise.
    Et cette dualité entre demande exprimée et expertise ne concerne pas uniquement les ergonomes : on demande aux banquiers des placements élevés et sans risque, aux juristes des contenus illégaux et une diminution de nombre de prud’hommes….

    Pour ma part j’ai tendance à penser que, même si c’est difficile à défendre sur le terrain, il ne faut surtout pas que nos interlocuteurs aient une représentation fermée de la discipline parce que cette approche me semble sans avenir.
    Cette question renvoie à une problématique forte de notre discipline : la pédagogie à déployer et le contenu à présenter. Autrement dit, dans une initiation par exemple, faut-il présenter un contenu accessible et facile à assimiler mais qui dévalorise la discipline (les normes) ou un contenu plus flou (point de vue utilisateur), qui laisse les auditeurs non demandeurs sur leur faim mais qui présente les vrais valeurs de l’ergonomie ?

    Enfin, concernant l’orientation métier il me semble que deux voies existent :

    • celle du tout informatique avec un développement des compétences vers la gestion de projet, le graphisme, le développement … ;
    • celle du tout ergonomie avec un développement des compétences vers l’ergonomie du produit et de l’ergonomie du travail (un logiciel étant aussi un outil de travail).

    Ces deux orientations orientant les demandes auxquelles l’ergonome peut répondre correctement.
    L’ergonome tout informatique ayant sans doute des difficultés à répondre à des questionnements en liens avec le développement d’un outil mais portant sur la charge de travail ou les questions sociales ;

    L’ergonome tout ergonomie aura lui sans doute des difficultés avec les demandes larges du coté de l’informatique : faire la maquette fonctionnelle puis la maquette graphique par exemple

    Pour finir, n’oublions jamais ce que nous dépensons comme énergie et temps dans une voie est autant d’énergie, de temps, de compétences et de sources d’inspiration perdu pour l’autre voie.

L’absence d’ergonomie d’une IHM c’est aussi cela !!!

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