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31.3.2010 par Bertrand Evain.
Il m’a semblé intéressant de faire un billet sur l’intuitivité car j’avais le sentiment, que même si tout à chacun ressent facilement de par son expérience utilisateur ce que recouvre ce concept et en connait son importance, sa définition (c’est-à-dire son explication par des mots) est loin d’être aussi évidente à élaborer.
Ainsi, si à chaque formation que j’anime les auditeurs citent rapidement ce point dans les critères ergonomiques à respecter, ils bloquent irrémédiablement lorsque je leur demande de me le définir.
1. a. Définition de l’affordance
L’affordance renvoie aux caractéristiques physiques de l’interface. C’est sa capacité à nous indiquer :
- Sur un site web, où sont les éléments cliquables ;
- Sur une interface de dialogue, comment fonctionnent les boutons ;
- Sur appareil de haute technologie, type TV , sur quel bouton appuyer.
Une interface sera dite affordante, lorsque l’utilisateur arrivera par exemple à deviner où sont les boutons et comment ils fonctionnent.
À l’inverse, si l’utilisateur n’arrive pas à identifier comment l’interface fonctionne, alors, elle sera dite contre affordante.
1.b. Exemple d’éléments affordants

Dans cette interface l’utilisateur comprend bien :
- où se trouve les boutons de menu;
- le fonctionnement en liste déroulante des boutons de la boite de dialogue.
Remarques : Nous commençons à percevoir la différence entre affordance et inuitivité puisque dans cette interface, malgré la présence d’éléments affordants, l’utilisateur éprouve des difficultés à comprendre ce qu’il peut faire.
1.c. Exemple d’élément contre affordant

Dans cette exemple, l’utilisateur pense qu’il va ouvrir une liste déroulante. Or ce n’est pas le cas : l’élément graphique qui contient le mot “Tapis” est passif.
Lorsqu’une interface est intuitive, son utilisation est évidente pour l’utilisateur, même lorsqu’il l’utilise pour la première fois. A l’inverse, dès qu’elle ne l’est pas, son utilisation est plus difficile.
Dans les pararphes suivants, nous allons montré quelques cas classiques de contre intuitivité.
2.b. Contre exemple 1 : l’utilisateur ne comprend pas le vocabulaire utilisé

Dans cette interface, le nom de rubrique « Free Design » est difficilement compréhensible. Si bien qu’il est difficile à l’utilisateur de deviner son contenu.
| De même, dans Intel Graphic Média,le terme “intel dual display clone” est incompréhensible pour l’utilisateur débutant. |
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2.c. Contre exemple 2 : l’utilisateur comprend le vocabulaire utilisé mais ne parvient pas à deviner à quoi il sert

Dans cette interface de vente en ligne d’objets d’imprimerie (carte de visite, affiche,…) les termes de menu« charger, Livre d’or » sont compréhensibles dans l’absolu mais beacoup plus difficilement dans le contexte d’utilisation. Aussi, ’il est difficile pour l’utilisateur de deviner leur contenu.
2.d. Contre exemple 3 : l’utilisateur comprend le vocabulaire utilsé mais le contenu de la rubrique (ou le fonctionnement de l’interface) ne correspond pas totalement à ce qu’il a deviné
Ce type de problème renvoie à une mauvaise organisation de l’information
2.e. Contre exemple 3 : L’utilisateur comprend le vocabulaire utilisé dans le menu… mais le contenu ne correspond pas à ce qui est affiché
S’intéresser à l’intuivité nécessite donc comme on le voit ici de s’intéresser aux sens des contenus (cas d’un site web) et rôle des fonctions.
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29.11.2008 par Bertrand Evain.
1. Définition de l’utilisabilité
L’utilisabilité ou usabilité correspond à la facilité d’utilisation d’un site.
D’après la norme ISO 9241-11, « un système est utilisable lorsqu’il permet à l’utilisateur de réaliser sa tâche avec efficacité, efficience et satisfaction dans le contexte d’utilisation spécifié ».
2. Contre-Exemples illistruatifs
2.1. le site www.tinkco.fr manque d’efficacité
Pour certaines configurations ordinateurs, il est nécessaire de télécharger des cookies pour faire fonctionner le panier. Si vous ne le faites pas, vous avez beau ajouter des objets à votre panier : il reste vide !!
Deux types d’abondon sont à distinguer :
- les utilisateurs qui ne voient pas le lien “problème de panier ?” inséré dans le menu pour pallier à cette contrainte de fonctionnement;
- les utilisateurs qui le voient mais ne veulent pas passer du temps à résoudre ce problème (NB : il ne faut surtout pas compter sur la motivation des utilisateurs pour pallier à un problème d’utilisabilité car sur le net les utilisateurs ont le pouvoir de changer très rapidement de crémerie et ne s’en privent pas !!) .Dans les 2 cas, nous dirons que le système manque d’efficacité : les utilisateurs n’ont pas réussi leur tâche et ont quitté le site avant d’avoir acheté.
2.2. Le site de la fédération française de tennis de table manque d’efficience
Les joueurs de tennis de table vont sur le site de la www.fftt.com majoritairement dans 2 cas de figure :
- connaître, après chaque journée de championnat, les résultats des matchs de leurs adversaires et le classement de leur poule (certains vont voir également les résultats des autres équipes de leur club). Pour réaliser cette tâche, chaque utilisateur doit effectuer :
- 6 clics de navigation;
- et, parfois suivant les cas, un scroll et une action sur un bouton de sélection.
- connaître, une fois par mois, leur résultat personnel et l’évolution de leur classement personnel.
Pour réaliser cette tâche, chaque pongiste doit :
- effectuer 9 clics;
- saisir son nom.
Ce qui est problématique dans ce cas de figure, ce n’est pas tant le nombre de clics, mais c’est que le nombre de clics concerne les tâches les plus fréquentes effectuées par l’une des cibles principalse du site : les joueurs.
NB : la recherche de solutions n’est pas l’objet de ce billet mais ce problème pourrait être réduit par la mise en place de raccourcis sur la page d’accueil.
2.3. La suppresion d’un blog sur www.overblog.fr est peu efficiciente
Le manque d’efficience de cette tâche n’est pas liée ici à un nombre de clics mais :
- à un problème d’organisation de l’arborescence (dans un premier temps);
- à des résultats de recherche instisfaisants (dans un second temps).
En effet, le parcours utilisateur peut se décomposer en 2 temps.
Dans un premier il recherche la fonction supprimer dans l’arborescence et …. ne la trouve pas car le chemin qu’il a à parcourir - Configurer > Options globales > réglages avancées - n’est absolument pas intuitif. (NB : je ne développerai pas ici pourquoi ce chemin n’est pas intuitif par ce que ce serait trop long et hors sujet. Je parlerai d’organisation intuitive des arborescences lorsque je ferai un billet sur le tri de carte).
Et si il parvient à trouver la page adéquat, il n’est pas certain qu’il voit le bouton supprimer parce qu’il n’est pas présent graphiquement et que la page est présentée comme si il n’y avait qu’un thème (les cases à cocher).
Je discuterai plus tard de ces éléments lorsque j’aborderai les principes d’organisation des pages web et les stratégies de prise d’informations visuelles des utilisateurs.
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Dans un deuxième temps, l’utilisateur va rechercher sur le site mère comment faire pour supprimer son blog.
La encore, sa tâche sera difficile car aux requêtes “Suppprimer”, “Supprimer un blog”, “Supprimer mon blog” le moteur ne donne aucun résultat correspondant à sa requête sur la première page de résultats, ce qui l’oblige soit à modifier sa requête soit à parcourir les pages de résultats suivantes pour trouver ce qu’il cherche.La réponse qu’il trouvera, après, par exemple, avoir tapé la requête “comment supprimer un blog” est révélatrice des difficultés des utilisateurs pour réaliser cette tâche.
“comment on supprime son blog ?” J’aurais tendance à répondre “Non, on ne sait pas…” pour éviter une énième explication… mais là je suis motivé et je vous donne les étapes à suivre. Donc tout d’abord, commençons par cliquer sur “Configurer” dans la barre des options, puis sur “Options Globales” Continuons ensuite en cliquant sur “Réglages avancés” et là, au hasard de ces clics nombreux et incertains, vous vous retrouvez nez à nez avec l’option “Suppression du blog” et le petit bouton “Supprimer ”
2.4. L’utilisation du site www.allociné.fr est peu satisfaisante
Je rappelle que la satisfaction est un critère subjectif.
L’utilisateur peut très bien avoir réussi sa tâche mais avoir un ressenti global négatif.
C’est le cas par exemple sur le site www.allocine.fr, qui est pourtant facile à utiliser, à cause de l’envahissement de la publicité et de son intusion dans l’espace utilisateur (je ferai également prochainement un billet sur la publicité sur internet).Pour illustrer mes propos, j’ai repris les commentaires d’une internaute dans un forum :
“Vous ne trouvez pas qu’il est insupportable le site d’allocine ? Franchement un pub de 45 secondes à chaque visite de page, c’est relou…. Y’a quoi comme site dans le meme genre mais avec moins de pub ?”
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26.11.2008 par Bertrand Evain.
Un système informatique est dit ergonomique si il présente 2 qualités : l’utilité et l’utilisabilité.
Nous présentons dans ce billet le concept d’utilité.
1. Définition de l’utilité
Un système informatique est dit utile si il répond aux besoins réels des utilisateurs finaux.
Autrement dit, un système sera considéré comme utile si il contient les informations, les contenus et les fonctionnalités dont les utilisateurs ont besoin.
2. Contre exemple : Google Docs
Google docs est une sorte de power point que l’on partager en ligne, annoter, modifier, versionner… Il est très simple d’utilisation (son utilisabilité est donc bonne) et très adapté pour les travaux collaboratifs.
Par contre plusieurs fonctions font défauts :
C’est donc du point de vue de l’utilité que Google docs pêche.
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24.11.2008 par Bertrand Evain.
J’adore les citations.
En voici quelques unes signifiantes du point du vue de mon métier…
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24.11.2008 par Bertrand Evain.
Pour ma part je distinguerais deux dimensions interdépendantes dans le marché de l’ergonomie :
Concernant le marché des prestations, de ce que j’entends ici et là, il me semble plutôt en progression même si il me semble trop diffus pour être réellement mesuré. Il y a deux et demi, lorsque je m’étais installé j’avais essayé de l’évaluer en volume financier, afin de valider mon projet. J’avais abandonné parce que la tâche était trop complexe, voire impossible :
Indépendamment de ces problèmes de mesure, il me semble que si il y a développement de l’ergonomie ce sera davantage du coté du marché de la prestation plus que du marché de l’emploi.
Ce qui nous renvois à nos limites d’ergonomes :
Concernant le débat ergonomie de la norme vs ergonomie de l’usage, si on se place du coté du marché la question qui se pose est : Quelle ergonomie apporte la plus forte valeur ajoutée ?
Pour ma part (mais je fais peut être parti des intégristes ;o)) l’ergonomie de la norme, si elle peut être utile ponctuellement, n’est pas suffisante pour faire vivre un consultant (et donc faire de l’ergonomie une discipline pérenne).
Alors bien sur d’aucuns diront « c’est ce qu’ils demandent les clients »… sauf que le boulot d’un expert ce n’est pas forcément faire plaisir au client mais c’est de lui dire ce qu’il est du point de vue de son expertise.
Et cette dualité entre demande exprimée et expertise ne concerne pas uniquement les ergonomes : on demande aux banquiers des placements élevés et sans risque, aux juristes des contenus illégaux et une diminution de nombre de prud’hommes….
Pour ma part j’ai tendance à penser que, même si c’est difficile à défendre sur le terrain, il ne faut surtout pas que nos interlocuteurs aient une représentation fermée de la discipline parce que cette approche me semble sans avenir.
Cette question renvoie à une problématique forte de notre discipline : la pédagogie à déployer et le contenu à présenter. Autrement dit, dans une initiation par exemple, faut-il présenter un contenu accessible et facile à assimiler mais qui dévalorise la discipline (les normes) ou un contenu plus flou (point de vue utilisateur), qui laisse les auditeurs non demandeurs sur leur faim mais qui présente les vrais valeurs de l’ergonomie ?
Enfin, concernant l’orientation métier il me semble que deux voies existent :
Ces deux orientations orientant les demandes auxquelles l’ergonome peut répondre correctement.
L’ergonome tout informatique ayant sans doute des difficultés à répondre à des questionnements en liens avec le développement d’un outil mais portant sur la charge de travail ou les questions sociales ;
L’ergonome tout ergonomie aura lui sans doute des difficultés avec les demandes larges du coté de l’informatique : faire la maquette fonctionnelle puis la maquette graphique par exemple
Pour finir, n’oublions jamais ce que nous dépensons comme énergie et temps dans une voie est autant d’énergie, de temps, de compétences et de sources d’inspiration perdu pour l’autre voie.
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